Chirurgie valvulaire du coeur : la voie transaxillaire, une approche mini-invasive qui se développe à la Citadelle
Et si l’on pouvait traiter un nombre croissant de valves cardiaques sans ouvrir le sternum ? C’est l’ambition portée à l’hôpital de la Citadelle par l’équipe du Pr Parla Astarci, chef du service de chirurgie cardiovasculaire, qui développe depuis plusieurs mois l’usage de la voie transaxillaire pour la chirurgie valvulaire.
Dans une interview accordée au Journal du Médecin, le Pr Parla Astarci explique vouloir étendre au maximum les techniques de chirurgie cardiaque mini-invasive afin d’éviter, lorsque cela est possible, une sternotomie classique.
Concrètement, l’intervention passe alors par une petite incision de 4 à 5 centimètres dans le creux axillaire droit, entre deux côtes, pour accéder au coeur et réparer une valve aortique, mitrale ou tricuspide.
"Nous aimerions pousser les techniques minimales invasives pour la plupart des indications de chirurgie cardiaque afin d’éviter des sternotomies."
Cette voie d’abord n’est pas totalement nouvelle, mais elle reste peu utilisée en pratique quotidienne, car elle exige une grande maîtrise technique. L’enjeu est de taille : intervenir avec précision sur des structures profondes du coeur, dans un temps chirurgical très maîtrisé, alors même que le coeur est arrêté pendant l’intervention.
À la Citadelle, cette approche s’inscrit dans une dynamique plus large de chirurgie cardiaque mini-invasive. Depuis mars 2024, près de 150 patients ont bénéficié d’une intervention avec d’excellents résultats, que ce soit par thoracoscopie, mini-sternotomie ou voie transaxillaire. Selon le Pr Astarci, une vingtaine d’interventions transaxillaires ont déjà été réalisées avec succès depuis octobre dernier sur des patients aux profils très variés.
L’un des axes forts défendus par l’équipe est la réparation des valves plutôt que leur remplacement, lorsque cela est possible. Le Pr Astarci rappelle que le remplacement impose soit une valve mécanique nécessitant un traitement anticoagulant à vie, soit une valve biologique dont la durée de vie reste limitée. À l’inverse, réparer la valve du patient permet, dans certains cas, d’obtenir un résultat durable tout en évitant ces contraintes. "Mieux vaut donc réparer le propre tissu du patient quand c’est possible car la réparation peut tenir jusqu’à la fin de sa vie, et sans Sintrom®", souligne-t-il encore. L’hôpital indique ainsi avoir atteint un taux de réparabilité de 90 % pour les pathologies valvulaires.
Au-delà de la performance technique, les bénéfices pour le patient sont concrets. L’absence de sternotomie médiane peut réduire la douleur et faciliter la récupération post-opératoire. Le risque de sternite, infection de l’os sternum, disparaît également avec cette voie d’abord. La durée de séjour dépend encore de nombreux facteurs médicaux, mais cette approche ouvre des perspectives intéressantes pour un rétablissement plus confortable.
Autre point souligné par le Pr Astarci dans le Journal du Médecin : la voie transaxillaire peut aussi être utilisée dans certaines endocardites infectieuses, avec la possibilité de nettoyer la valve et de la réparer plutôt que de la remplacer.
Avec cette expertise, l’hôpital de la Citadelle renforce son positionnement comme centre de référence en Wallonie pour la prise en charge des pathologies valvulaires.
Nos experts