La sténose aortique
La sténose aortique est un rétrécissement de la valve aortique, qui sépare le ventricule gauche du cœur et l’aorte. Cette valve joue un rôle essentiel en permettant au sang oxygéné d’être propulsé vers l’ensemble du corps.
Lorsque la valve aortique se rétrécit, le passage du sang est réduit, forçant le cœur à travailler plus intensément pour maintenir une circulation efficace. Avec le temps, ce surmenage du cœur peut entraîner des complications graves, notamment une insuffisance cardiaque.
Mieux comprendre le rétrécissement de la valve aortique ou sténose aortique
La sténose aortique se définit par une diminution de l’ouverture de la valve aortique. Normalement, cette surface est supérieure à 2cm². Elle devient préoccupante lorsqu’elle passe sous 1cm². Ce rétrécissement limite l’évacuation du sang et peut provoquer des symptômes liés à un manque d’irrigation des organes.
Les principales causes de la sténose aortique sont :
- Le vieillissement : la calcification progressive de la valve est la cause la plus fréquente
- Une malformation congénitale : certaines valves présentent deux feuillets au lieu de trois, ce qui accélère leur dégénérescence
- Une atteinte rhumatismale : plus rare, elle résulte d'une infection à streptocoques
Quels symptômes évoquent un rétrécissement de la valve aortique ?
La sténose aortique évolue souvent sans symptômes pendant plusieurs années. Lorsqu’elle devient sévère, des signes caractéristiques apparaissent :
- Essoufflement à l’effort, signe d’un cœur en difficulté
- Douleurs thoraciques similaires à une angine de poitrine
- Syncopes (pertes de connaissance), surtout à l’effort
- Signes d’insuffisance cardiaque à un stade avancé, avec œdème des jambes et fatigue importante
L’apparition de ces symptômes impose une consultation rapide en cardiologie, car le risque de complications devient élevé.
Quels examens réaliser en présence d’une sténose aortique ?
Le diagnostic repose sur plusieurs examens :
- Examen clinique : un souffle cardiaque caractéristique peut être entendu au stéthoscope
- Électrocardiogramme (ECG) : il peut montrer un épaississement du ventricule gauche, mais ne permet pas à lui seul de poser le diagnostic
- Échographie cardiaque avec Doppler : c’est l’examen de référence. Il mesure l’ouverture de la valve et l’impact du rétrécissement sur la circulation sanguine
- Cathétérisme et angiographie cardiaque : en cas de doute ou avant un traitement, cet examen permet une mesure précise des pressions dans le cœur et l’exploration des artères coronaires
Le cathétérisme et l’angiographie cardiaque
Cet examen est utilisé pour confirmer la gravité de la sténose et explorer d’éventuelles anomalies associées. Il consiste à introduire un cathéter dans les artères pour mesurer les pressions et injecter un produit de contraste, permettant une analyse détaillée de la valve et des vaisseaux.
Comme pour la coronarographie, cet examen nécessite une ponction artérielle sous anesthésie locale, et les précautions à prendre sont similaires.
Quel traitement proposer au patient porteur d’une sténose aortique sévère et symptomatique ?
Lorsque la sténose devient sévère et entraîne des symptômes, un remplacement valvulaire est indispensable. Deux options sont possibles :
- Le remplacement chirurgical de la valve aortique
- L’implantation d’une prothèse aortique par voie percutanée (TAVI), réservée aux patients à haut risque opératoire.
L’implantation d’une prothèse aortique par voie percutanée (TAVI)
Le TAVI (Transcatheter Aortic Valve Implantation) est une alternative pour les patients jugés inopérables ou à très haut risque chirurgical. Cette technique consiste à insérer une prothèse valvulaire sans ouvrir le thorax, ce qui réduit les complications post-opératoires.
Le choix du TAVI dépend de plusieurs critères, notamment l’âge du patient, ses antécédents médicaux et l’état de ses artères. Une discussion entre cardiologues, chirurgiens et radiologues permet d’évaluer la meilleure option.
Comment pratiquer l’implantation d’une prothèse aortique percutanée ?
L’intervention se déroule dans une salle hybride, à mi-chemin entre un bloc opératoire et une salle de radiologie avancée. Elle est réalisée sous anesthésie générale.
Deux voies d’accès sont possibles :
- Par l’artère fémorale (dans l’aine) : c’est la voie la plus fréquente
- Par l’apex du cœur (voie transapicale) : utilisée si les artères sont trop étroites ou calcifiées
Une fois la prothèse insérée et bien positionnée, un ballonnet est gonflé pour fixer la valve dans l’anneau aortique. Le cathéter est ensuite retiré avec précaution.
Que se passe-t-il après l’implantation d’une prothèse aortique percutanée ?
Après l’intervention, le patient est surveillé en soins intensifs pendant 24 à 48 heures avant d’être transféré en service de cardiologie. En l’absence de complications, un retour à domicile est possible après cinq jours.
Le patient constate généralement une amélioration rapide de ses symptômes :
- Moins d’essoufflement
- Moins de douleurs thoraciques
- Disparition des syncopes
Un suivi régulier en cardiologie est nécessaire, avec des échographies cardiaques pour s’assurer du bon fonctionnement de la valve. Un traitement médicamenteux est prescrit, notamment de l’aspirine à vie et du Plavix pendant un mois.
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Consulter un cardiologue pour un diagnostic et une prise en charge adaptée